Interview avec Quentin Couturier et Charles Brun, co-fondateurs de « IZIPIZI »

Confiance, transparence, équité et parité, telles sont les règles définies par Quentin Couturier et Charles Brun, co-fondateurs d’« IZIPIZI » pour gérer la relation entre associés. Ils témoignent avec passion de leurs parcours entrepreneurial. Avec passion, ils nous livrent leurs conseils pour bien choisir ses associés et réussir dans cette belle aventure.

Question 1 : Qui se cache derrière « IZIPIZI » ?

Quentin Couturier : Bonjour, je suis Quentin Couturier, co-fondateur de « IZIPIZI », une entreprise de lunettes créée en 2010.

Charles Brun : Bonjour, je m'appelle Charles Brun, j'ai 31 ans et je suis co-fondateur de « IZIPIZI ».

Question 2 : Pourquoi avoir créé cette société ?

Quentin Couturier : « IZIPIZI » est une société que j’ai co-créée avec deux associés qui sont avant tout mes amis d’enfance, Charles Brun et Xavier Aguera. Nous nous sommes connus au Lycée à Lyon. Après nos études, on s’est retrouvé autour d’une idée commune qui nous animait qui était de créer une entreprise de lunettes innovantes. Et c’est comme ça que l’aventure a démarré pour tous les trois.

Charles Brun : On s’est réparti les tâches dès le début entre tous les trois. Aujourd’hui, il y a Quentin qui s’occupe de tout ce qui est communication. Il gère le marché français et le web. Xavier s’occupe de tout ce qui est développement des produits et de tout ce qui est achats et logistique. Quand à moi, je m’occupe de la partie internationale et aussi de la partie finance et comptabilité.

Question 3 : Parlez-nous un peu de votre entreprise !

Quentin Couturier : Ce qui est génial dans l’aventure « IZIPIZI », c'est qu’elle s’est faite en plusieurs étapes. Au tout démarrage, notre idée était de créer la 1ère lunette de lecture en libre-service. En effet, on a remarqué que la génération de nos parents devenait presbyte, c’est-à-dire qu’ils avaient besoin de lunettes pour lire et voir de près, et qu'ils étaient en permanence en train de chercher leurs lunettes. Par exemple, quand j’arrivais au restaurant avec mes parents, ils n’avaient jamais leurs lunettes pour lire la carte, et il fallait leur lire.

On a donc décidé de créer un système de lunettes de lecture en libre-service qui donnait accès, un peu comme un stylo sur socle, sur les comptoirs, à la vue en permanence. Ce qui est drôle, c’est que les particuliers ont commencé à le découvrir dans les agences mais également grâce à des articles de presse. Et ce sont les gens qui ont demandé un produit pour la maison.

Alors on a réfléchi à adapter un produit qui soit fait pour la maison. On a commencé à le vendre en 2012 dans les boutiques de décoration et dans les boutiques de design. Cela a très bien fonctionné !

Cette aventure, qui était assez nouvelle pour nous, nous a donné un nouveau spectre de vision, qui était celui des lunettes de lecture classiques qu’on retrouve souvent en pharmacie. Et on s’est dit qu'on pourrait créer des lunettes de lecture classiques, mais en leur donnant un côté plus innovant, en créant un univers design, mode, coloré, fun, en créant une vraie marque, une vraie image de marque et un vrai univers de marque.

Et c’est comme ça qu’est née en septembre 2013, la 1ère lunette de lecture « IZIPIZI » que l’on vend uniquement dans des boutiques de design, de mode, chez les opticiens créateurs en France et à l’étranger, mais également sur les sites internet.

Et puis, l’entreprise a beaucoup évolué. On a innové. On s’est rendu compte que si on faisait des lunettes de lecture pour les personnes presbytes, on pouvait aussi faire des lunettes pour tout le monde. Ça, c’est notre grand projet ! « IZIPIZI » , c’est créer des lunettes innovantes, de mode, pour tout le monde et à tous les moments de la vie.

Aujourd’hui, on a des lunettes de lecture. On a aussi des lunettes de soleil, des lunettes de soleil de lecture, des lunettes pour écran qui filtrent la lumière bleue. On a aussi des lunettes pour les enfants, même pour les bébés. Et on a également une collection de lunettes pour le ski. Et on a encore plein d’idées. Il y a pas mal de nouveautés qui vont arriver dans les années et même les mois à venir.

Question 4 : Pourquoi avez-vous décidé de vous associer ?

Charles Brun : On a décidé de s’associer assez naturellement. En fait, on est vraiment copains, très amis. On avait vraiment envie de créer tous les trois une entreprise. Je pense qu’on n’avait pas spécialement envie de le faire seul. C’est surtout l’idée qui nous a réunie au départ.

On a commencé à travailler sur cette idée. On a vu que cela se passait bien, qu’on rigolait bien à trois. Alors, cette idée s’est développée. On a eu de la chance de gagner un prix, puis un deuxième prix. En remportant ces prix, on a obtenu du financement. Puis cela a évolué. Et petit à petit, on a commencé à recruter les 1ères personnes, à s’installer dans l’incubateur de notre ancienne école, puis dans un bureau et un autre bureau, etc. Aujourd’hui, cela fait 7 ans. Ce sont mes associés mais ce sont avant tout mes amis. La chance que nous avons est de se retrouver entre copains dans cette aventure au quotidien.

Quentin Couturier : Au démarrage, c’était notre association à tous les trois qui primait par rapport à l’idée. On avait envie de créer une entreprise ensemble. On a eu plein d’idées différentes. Finalement, on s’est lancés dans les lunettes mais on aurait pu aussi se lancer dans autre chose.

Mais on avait envie de créer une entreprise tous les trois. D’abord, parce qu’on avait cette amitié mais aussi parce que tous les trois, on a une grande confiance. Ensemble, on a une bonne énergie positive. On savait qu’on pouvait mener notre petite équipe plus haut. C’était d’abord cette énergie de trois copains qui nous a menés vers l’association.

Question 5 : Quelles questions vous êtes-vous posées avant de vous associer ?

Charles Brun : On s’est posé beaucoup de questions au début. On a fait des écoles de commerce. Quand on a créé la boîte il y a 7 ans, il y avait peut-être moins cette mode de l’entrepreneuriat. J’ai l’impression que tout le monde veut créer sa boîte aujourd'hui. Ce qui est génial. En tout cas, c’était moins le cas à l’époque. À cette époque, quand on voulait créer son entreprise, les gens dans notre école nous disaient : « Mais pourquoi veux-tu créer ta boîte ? », « Tu n’avais pas besoin de faire des études pour créer ton activité », « Va dans un grand groupe, tout le monde y va »... Du coup, le fait de créer notre entreprise, c’était un peu à contre-courant de ce que les autres faisaient. C’est vrai que cela pouvait mettre un peu des doutes. Heureusement, ils n’ont pas duré longtemps. On avait cette conviction, on savait qu’on voulait créer notre boîte. On est a dépassé ces doutes.

Quentin Couturier : Qui est inspiré par quoi ? Qui a envie de faire quoi ? Qui se sent plus compétent pour faire quoi ? Tout le monde est-il d’accord avec cette organisation ? Et comment va-t'on fonctionner quand l’entreprise va évoluer ? On a essayé de dessiner le projet à l’avance. Mais on ne tombe jamais juste car il y a toujours beaucoup de surprises qu’on ne maîtrise pas au début. Finalement, ce sont plus des questions d’organisation qui se sont posées.

Question 6 : Quelles règles avez-vous définies ensemble avant de vous associer ?

Quentin Couturier : Les règles que nous nous sommes définies avant de nous associer tous les trois étaient très simples. C’étaient des règles de bon sens. La première est la confiance : on se fait confiance pour tout. Chacun mène sa partie et on fait confiance à l’autre. La deuxième règle est la transparence : même si on se fait confiance, on aime être au courant. C’est important de communiquer entre nous. Cela nous permet d’avoir une vision globale et de prendre les meilleures décisions. La troisième règle est être dans l’équité. C’est important pour nous d’être dans l’équité de tout : dans notre organisation, dans notre temps de travail, dans la rémunération, pour tout ! L’équité est très importante dans une association.

Charles Brun : Pour nous, le plus important était la parité. On est trois associés et donc c’était primordial qu’on soit à parité dans l’actionnariat de l’entreprise. Car demain, si les choses se passaient bien ou se passaient mal, c’est en ayant instauré une forme de parité que l’entreprise pourrait évoluer sainement pour ne pas entraîner de jalousie, d’incompréhension, de sentiment d’injustice, etc... Outre la parité, c’était la notion d’écoute et d’entre-aide. Chacun a sa parole, chacun à son temps de parole, chacun est maître de son pôle. On se respecte les uns et les autres dans nos pôles respectifs. On respecte et comprend ce que dit l’autre, même si on peut commenter et dire ce qu’on pense. Avant tout, c’est l'autre qui gère sa partie, donc on le respecte pour ça.

Question 7 : Comment gérez-vous cette relation d'associés ?

Quentin Couturier : Comment gère-t-on cette relation d’associés tous les trois ? C’est assez simple, c’est avant tout notre amitié. On continue de partir en vacances ensemble. On se fait des dîners copains, des soirées... C’est assez fédérateur. C’est notre team building à tous les trois. Mais au quotidien, au bureau, on essaie de se retrouver deux matinées par semaine pour échanger sur nos différents sujets, pour prendre la température sur les sujets des autres et pour prendre des décisions ensemble.

Charles Brun : C’est un peu comme dans un couple. Les associations, cela s’entretient pour éviter les lassitudes, les tensions, etc... Un des maîtres mots, c’est l’échange. Il faut discuter, crever l’abcès dès qu’il y a une petite tension. On essaie de s’accorder au moins deux à trois heures par semaine durant lesquelles on se retrouve pour aborder les sujets du quotidien, les sujets plus stratégiques et pour nos comités de direction. C’est là aussi où on peut parler des tensions qu'il peut y avoir. Parfois, on déjeune ensemble et on dîne ensemble. C’est à moment-là qu’on essaie de résoudre les petits problèmes qu’il peut y avoir.

Question 8 : Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs qui souhaitent s'associer ?

Quentin Couturier : L’association, c’est une super aventure ! Cela permet d’être beaucoup plus efficace, de travailler sur tous les fronts et beaucoup plus vite. Pour cela, il faut bien choisir ses associés. On passe beaucoup de temps ensemble, c’est important qu’humainement, cela se passe bien. Ensuite, il faut être dans la confiance et dans la transparence. Pour cela, il est important d’être à l’écoute de ses associés et d’être dans l’empathie. C’est ce qui donne à plus long terme une relation saine et équilibrée.

Charles Brun : Il faut s’associer, c’est génial. La génération d’avant, il y a 30 ou 40 ans, les gens entreprenaient souvent seuls. Ce qu’on voit avec nos copains et les jeunes entrepreneurs qu’on connaît, c’est qu'ils sont très souvent à deux, trois parfois, même quatre à entreprendre. Je trouve que l’association est géniale car cela permet de partager à la fois les difficultés et aussi les succès. On a eu la chance d’avoir des succès. On a aussi connu des difficultés. L’idéal est de partager ça à trois plutôt que d’être seul. Pour nous, cela a été salvateur. En tout cas, on n’en serait pas là aujourd’hui si on n’avait pas été trois.

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CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.