Parcours d’entrepreneur : Interview de Nathalie Tastet

Gérante de la société de conseil Adeclis, Nathalie Tastet est aux commandes de son entreprise depuis 2011. Forte d’une expérience salariée au sein de grands groupes de conseils, elle a délaissé le modèle archaïque de l’entreprise pour adopter une pratique de son métier en adéquation avec ses valeurs et résolument plus moderne. Stratège, cette entrepreneuse nous fait part de son expérience, de ses réussites, de ses difficultés et nous donne ses conseils pour entreprendre aujourd’hui.

1 - Vous et votre société

Question 1 : Qui se cache derrière « Adeclis » ?

Derrière « Adeclis », c’est uniquement moi, Nathalie Tastet. J’ai 43 ans et je suis portée par des valeurs humaines fortes. Lorsque j’étais salariée, je me sentais à l’étroit et j’ai voulu entreprendre dans cette société de conseil stratégique pour les entreprises.

Question 2  Quel est votre parcours et d’où venez-vous ?

Je suis issue d’une famille d’entrepreneurs, qui ont plus ou moins réussi dans l'entrepreneuriat. Ce terreau a forgé mon parcours. J’ai une expérience de salariée dans les grands groupes de conseil et au sein de Suez Environnement notamment. Cependant, confrontée au manque de réactivité, au manque de prise de décision, j’ai décidé de me tourner vers l'entrepreneuriat.

Question 3 : Comment vous est venue l'idée de créér cette entreprise ?

Quand j’ai quitté le salariat, j’avais une idée totalement différente de ce que je fais aujourd’hui. Ce projet était trop long et difficile à mettre en œuvre à ce moment-là dans ma vie. De plus, comme je n’étais pas une experte du secteur, j’ai abandonné cette première idée. Mais j’ai gardé l’envie d’entreprendre ma première année d’activité, je me suis jetée à corps perdu dans le travail, sans avoir le temps de réfléchir à ma stratégie et à mes ambitions. Grâce à mon réseau, j’ai eu des clients dès que j’ai quitté mon emploi salarié, et je n’ai donc pas réellement réfléchi à mon positionnement et à mes cibles. Mon profil grand groupe m’amenait naturellement vers ce genre de clients, et au bout d’un an, je ne m’y retrouvais pas. Je me suis posée des questions sur mes cibles commerciales, quel type de clients, quel type de missions, quel type de conseils (finance, contrôle de gestion, stratégie...). J’ai alors fait le choix d’aller vers les TPE et les PME où les patrons sont plus réceptifs aux conseils et sont capables de décider très rapidement.

Question 4 : Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Je n’avais pas d’idée précise sur le nom que je voulais donner à ma société. Alors, je me suis appuyée sur des syllabes des noms de mes enfants et ça a donné « Adeclis ».

Question 5 : Parlez-nous un peu de votre entreprise !

Mon cœur de métier, c’est le conseil stratégique et l’accompagnement opérationnel pour PME et TPE. Je me positionne en Business Partners. Je les accompagne lors de la création d’activité, de la croissance mais aussi lors des phases difficiles parce que la vie des entreprises c’est cyclique. En général, je les accompagne sur de longues durées. Je débute souvent par une mission de conseil stratégique puis je reste pour aider à sa mise en œuvre opérationnelle. Je travaille alors tant avec le patron de l’entreprise qu’avec ses équipes. Je suis à la fois dans l’équipe mais pas suffisamment présente au quotidien pour perdre cette prise de recul essentielle dans le conseil.

J’ai des clients très différents, avec des problématiques très variées, des tailles de structures totalement différentes, des secteurs d’activité très différents. Je m’adapte ! C’est à la fois une difficulté de mon métier mais aussi une richesse !

Question 6 : Si c'était à refaire, que changeriez-vous ?

Si c’était à refaire, je prendrais le temps de réfléchir avant de me lancer. Je pourrais le faire différemment. Je me ferais accompagner et conseiller pour prendre du recul. J’ai toujours pensé que l’accompagnement et le conseil avait une utilité... mais je ne me suis pas appliquée ce principe. Les cordonniers sont les plus mal chaussés !

2 - Vous et l'administratif

Question 7 : Comment avez-vous financé votre société ?

En réalité, j’avais peu de besoin. J’ai donc fait un apport personnel pour mon capital.

Question 8 : Quel statut avez-vous choisi pour débuter ?

J’ai opté pour une EURL, qui est le statut le plus adapté à mon activité. Et j’y suis toujours.

Question 9 : Comment vous êtes-vous fait accompagner ?

Je ne me suis pas fait accompagner par des professionnels mais plutôt par des amis, mes proches et des personnes issues du monde du conseil. J’ai pioché des conseils à droit et à gauche sans jamais faire appel à une structure d’accompagnement.

3 - Vous et l'entrepreneuriat

Question 10 : Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat ?

  • D’abord, je leur dirai de parler de leur projet. On est beaucoup plus efficace quand on arrive à partager et à fédérer autour de son projet.
  • Ensuite, je leur conseillerai d’analyser leur marché et leur positionnement dans ce marché. On gagne vraiment en efficacité et du temps en faisant cela.
  • Puis, en cas d’association, je leur dirai d’être vigilant sur le sujet des associés. Il faut s’aligner sur les mêmes valeurs et pouvoir se dire les choses.
  • Enfin, je leur dirai de se former. On ne naît pas entrepreneur, on le devient.

L'entrepreneuriat apporte beaucoup d’humilité sur ce que l’on sait et sur ce qui reste à apprendre. La formation est une étape-clé de la réussite d’un entrepreneur. On a tous forcément quelque chose à apprendre dans un domaine ou un autre.

Question 11 : Que préférez-vous dans l'entrepreneuriat ?

Ce que je préfère dans l’entrepreneuriat, c’est l’idée que rien n’est jamais acquis. C’est à la fois être dans un système précaire et savoir rester ouvert aux choses qui évoluent.

Il faut savoir comprendre, être à l’écoute, se remettre en question.

Avec la diversité dans la taille de mes clients et la façon dont je vais les accompagner, j’ai la nécessité de m’adapter aux dirigeants, à ses équipes et à son environnement. C’est ça que je trouve passionnant dans mon métier : la diversité.

Question 12 : Quelles ont été les difficultés rencontrées lors de votre lancement et au cours de votre parcours d’entrepreneur ?

La difficulté que j’ai rencontrée était surtout de faire face aux variations d’activité. En tant que consultant à son compte, il faut allier commercial, production et arriver à gérer cette courbe sinusoïdale.

Lorsque l’on est indépendant, il faut aussi prendre soin de soi et de sa santé. Il faut savoir souscrire les niveaux d’assurance pour se protéger et aussi ne pas donner tout son temps au boulot pour continuer à faire du sport et des activités qui permettent de décompresser. Quand on a un pépin de santé, ce n’est pas forcément très facile. Même si l’on n’a pas les moyens, dès le début de l’activité, il me semble important de bien se protéger, car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver.

Question 13 : Vos plus belles réussites ?

Quand un de mes clients donne mon contact, me préconise auprès de son entourage. Être recommandé est ma plus belle réussite.

Question 14 : Qu’avez-vous appris sur vous en entreprenant ?

En entreprenant, j’ai appris à mobiliser des ressources personnelles, à gérer mon stress pour continuer à mettre de la distance dans le travail. J’ai aussi beaucoup appris sur ma capacité d’écoute et de remise en question.

4 - Vous et les entrepreneurs

Question 15 : À titre personnel et/ou professionnel quels sont les livres, émissions, podcasts ou autres que vous recommanderiez à des entrepreneurs en devenir ?

J’aime bien la notion des entreprises agiles et ouvertes, créer des écosystèmes, manager d’une manière différente. Il y a pas mal d’ouvrages sur ce sujet qui permettent de prendre de la distance sur notre façon d’appréhender l’entreprise.

Un petit conseil que j’applique chaque jour : lâcher prise et se créer des bulles de décompression à travers la méditation par exemple. Car c’est sans limite.

Question 16 : Avez-vous beaucoup d’entrepreneurs dans votre entourage ?

J’ai beaucoup d’entrepreneurs dans mon environnement professionnel. Mais dans mon environnement amical pas du tout.

Question 17 : Où rencontrez-vous d’autres entrepreneurs ?

Je suis assez impliquée dans des réseaux d’entraide d’entrepreneurs, des incubateurs. De ce fait, j’en rencontre souvent et tous les horizons.

5 - Vous et vos passions

Question 18 : Quels sont vos passions et passe-temps ?

Ma passion, c’est ma famille, j’ai une grande famille ! J’essaie de lui consacrer du temps. Je suis aussi une fana de cinéma des années 50 et 60. Enfin, le voyage m’est indispensable, il me permet de me ressourcer, j’aime le côté contemplatif du voyage.

Question 19 : Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ?

Je ne sais pas. Mais ce dont je suis certaine est que ce n’est pas ce que je fais aujourd’hui.

Question 20 : Quel est votre plus grand rêve ?

En termes de business, ce serait de m’associer à plusieurs entrepreneurs et de développer un nouveau projet à partir d’une feuille blanche. Un challenge à plusieurs, des projets à plusieurs.

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Auteur

CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.