Interview de Juliette Eskenazi, fondatrice de Poussin Communication

Juliette Eskenazi, témoigne de son parcours et nous prouve qu’on peut être jeune et entreprendre avec enthousiasme…

Question 1 : Bonjour Juliette, pouvez-vous nous présenter en quelques mots le concept de Poussin Communication ?

Juliette Eskenazi : Poussin Communication est une agence de communication spécialisée dans l’accompagnement des porteurs de projet quel que soit leur forme. Nous accompagnons tous ceux qui se lancent et qui ont besoin de créer une marque, d’établir une stratégie de communication. Nous avons un pôle « studio de créa » et un pôle « relation stratégique ».Nous élaborons le positionnement de la marque et définissons les outils de communication.
Nous proposons à nos clients la mise en place d’une stratégie sur 6 mois. En fonction du budget que le client est prêt à investir, il effectue sa mise en place seul ou bien nous l’accompagnons. Nous pouvons même organiser sa communication dans sa globalité via des relations presse et les réseaux sociaux. L’ambition est de créer une communauté afin de développer la visibilité de sa marque.

« Avec un budget limité et de bonnes idées, on peut aussi se démarquer »

Question 2 : Pouvez-vous nous raconter comment vous avez muri votre projet ? Et quel a été l’élément déclenchant de la création de votre société ?

JE : J’ai eu la chance de grandir dans une famille d’entrepreneurs, mon père, un de mes frères ont créé leur entreprise. Poussin Communication n’est pas ma première société, à 18 ans j’ai créé une entreprise au Mali en aidant un guide touristique à s’organiser. C’était dans le domaine des voyages, j’étais sur place, étudiante avec du temps libre. Je voulais faire connaitre ce pays que j’aime et faire découvrir sa culture aux Français. La société existe toujours mais compte tenu du contexte politique, elle organise un festival culturel.
En France, j’ai fait des études de communication et j’ai eu la chance de participer à des campagnes politiques et notamment à celle de la présidentielle de 2012. Cela a été une expérience très enrichissante pour moi, j’ai dû trouver des astuces pour rendre visible un parti aux moyens restreints. J’ai appris qu’avec un budget limité et de bonnes idées, on peut aussi se démarquer. L’idée a germé et il m’est apparu que les créateurs d’entreprises étaient souvent dans la même situation, des budgets limités mais de vrais besoins de communication !

Question 3 : D’où vous est venu le nom de Poussin Communication ?

JE : Je voulais un positionnement léger, une approche et une mémorisation faciles. Quand j’étais petite, c’était mon surnom dans la famille, alors c’est devenu une évidence, cela fait aussi référence aux couveuses d’entreprises, aux idées qui restent dans l’œuf... tout un univers à exploiter !!!

« Prendre du temps pour prendre du recul et avoir une vision à long terme »

Question 4 : Juliette, quelles qualités vous semblent indispensables pour se lancer dans cette aventure ? Quelles sont les données incontournables pour réussir ?

JE : Avant tout, il faut avoir de la motivation tous les jours, car personne ne vous attend. Vous devez savoir vous autogérer. Il faut aussi être patient, les choses mettent du temps pour se réaliser et se construire, les créateurs sont souvent dans l’immédiateté, tout doit aller vite. Prendre du temps pour prendre du recul et avoir une vision à long terme pour construire son projet. Cela évite d’être déçu. Et puis, je crois qu’il faut aimer partager, échanger avec ses clients, ses partenaires... aimer les autres.

« Il ne faut pas rester seule »

Pour les incontournables, je dirais qu’il est essentiel de bien établir sa cible avec précision. Il faut savoir à qui on s’adresse, ce que ces clients attendent, pour savoir comment mieux les toucher. Bien sûr, l’accompagnement personnel est incontournable car on est moins disponible pour son conjoint, ses amis. Trouver du soutien les jours où le moral est bas permet de rebondir plus facilement. L’accompagnement professionnel pour établir un business plan, pour affiner une stratégie est aussi essentiel, il ne faut pas rester seule.

Question 5 : Faites nous part des principales difficultés que vous avez rencontrées ?

JE : Je n’ai pas rencontré de difficultés financières majeures car il existe en France des dispositifs qui sont favorables à la création d’entreprise. Pour ma part, j’ai bénéficié des allocations pôle emploi pendant un an ce qui m’a permis de constituer la trésorerie de ma boîte. Tout ce qui rentrait était mis de côté. Je n’aurais pas pu créer ma société sans cet atout. Aujourd‘hui, je me verse une rémunération.
Ma principale difficulté a été de mal apprécier mes prix au démarrage, je voulais absolument des clients, mais mes prix étaient trop bas, ils ne me permettaient pas de dégager de la marge. Trouver le juste prix est un exercice difficile surtout dans le domaine des services. Je me suis appuyée sur la satisfaction clients pour réajuster mes forfaits.

« J’ai aussi appris à relativiser »

Question 6 : Votre projet professionnel a probablement bouleversé votre vie personnelle, avez-vous été obligée de faire quelques concessions ?

JE : J’ai beaucoup travaillé et appris à me connaître pendant la campagne présidentielle. J’ai aussi appris à relativiser, à gérer mon temps et à maîtriser mes émotions. Il y a toujours une solution. Je ne fais pas trop de concessions, je conserve une vie personnelle et sociale. Je suis très organisée.

« Je n’ai pas peur de l’échec»

Question 7 : Comment voyez-vous le futur de votre entreprise ?

JE : Ca dépend des jours ! Mais de toute façon si cela devait s’arrêter, cela resterait une très belle expérience enrichissante. Je n’ai pas peur de l’échec d’ailleurs je n’aime pas ce mot car la plupart des entrepreneurs « stars » ont connu des expériences ratées avant, toutes les expériences constituent un enrichissement pour un rebond ultérieur. Mais pour Poussin, je crois au développement et j’envisage d’ici 2 à 3 ans de développer une franchise. C’est à l’étude !

« Toutes les expériences sont bonnes à vivre »

Question 8 : Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs qui hésitent à se lancer ?

JE : Il ne faut pas hésiter à se lancer car il y a énormément de possibilités d’accompagnement et toutes les expériences sont bonnes à vivre, comme je vous le disais. La seule condition est de ne pas prendre de risque financier trop important qui risquerait en cas de défaillance de vous pénaliser sur plusieurs années. L’endettement personnel doit être étudié et limité pour pouvoir sereinement se lancer dans l’aventure.

Question 9 : Juliette donnez-nous votre devise pour le mot de la fin ?

JE : « Entrepreneurs, sortez de votre coquille ! »

Merci

Site Internet : poussin-communication.fr

0 commentaires

Commenter

 

Auteur

CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.