Interview de Dominique Descamps, fondatrice d’Une femme, une idée, un chemin

Dominique Descamps, une femme expatriée met son expérience au service des femmes créatrices d’entreprise, elle nous raconte.

Question 1 : Dominique Descamps, vous avez créé « Une femme, une idée, un chemin », pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre concept ?

Dominique Descamps : Une femme, une idée, un chemin conseille les femmes expatriées ou pas dans leur projet de création d’entreprise. Je travaille sur l’articulation de leur projet, son organisation, la communication nécessaire à mettre en place et le montage financier. Je ne fais pas de conseil juridique, il y a des cabinets d’avocats spécialisés qui déterminent les formes de société les mieux adaptées en fonction du concept et du pays. C’est l’accompagnement des femmes porteuses de projets qui est le coeur de mon activité.

« Je voulais choisir une activité exportable partout dans le monde »

Question 2 : Pouvez-vous nous raconter comment vous avez mûri votre projet ? Quel a été l’élément déclenchant à la création de votre société ?

DD : Ma carrière professionnelle a commencé dans le conseil aux entreprises, dans l’audit. J’ai également travaillé dans le rapprochement de sociétés du secteur médicosocial. Dès le début, le salariat ne m’attirait pas et je suis rapidement devenue freelance. Puis un peu naturellement, j’ai créé ma boîte en 2001. C’était pour moi une évidence. Mon parcours s’est construit à l’étranger : 6 ans en Italie, puis un retour en France et à nouveau 6 ans aux États-Unis, à New York. Aujourd’hui, c’est à Londres que je m’installe !

C’est pourquoi je voulais choisir une activité exportable partout dans le monde sans contrainte de lieux avec une idée clé : l’envie d’aider et d’accompagner les autres et notamment les femmes.

« L’entreprenariat au féminin, une réponse à l’expatriation »

Question 3 : Pourquoi avoir réservé votre conseil aux femmes ?

DD : Mon expérience d’expatriation m’a permis d’observer que les femmes suivaient leur mari dans leur très grande majorité et qu’elles se retrouvaient sans activité professionnelle, sans réellement l’avoir choisi. L’entreprenariat au féminin est une réponse à cette problématique. De nombreuses femmes trouvent ainsi une voie en créant leur propre activité mais elles ont besoin d’accompagnement.

« Je crois beaucoup à l’échange entre entrepreneurs qui se trouvent dans la même phase de développement »

Question 4 : Pour vous, quelles qualités vous semblent indispensables pour se lancer dans cette aventure ? Quelles sont les données incontournables pour réussir ?

DD : Je crois avant tout qu’il faut être curieux et rester en prise avec la réalité. Être toujours bien informée et se former en permanence pour pouvoir accompagner ses clients. Quel que soit le domaine d’activité, la question est : comment résoudre au mieux les demandes des clients ? Bien sûr, pour cela il ne faut pas rester seule et savoir s’entourer d’experts.

La famille et les amis sont des soutiens importants mais ils ne sont pas les mieux placés pour avoir un regard objectif sur votre activité.

Je crois beaucoup à l’échange entre entrepreneurs qui se trouvent dans la même phase de développement. Créer un groupe d’échange pour mieux avancer, se remettre en cause et surtout se faire connaître. Avec Facebook et les réseaux sociaux, cela semble très facile. La seule contrainte est de bien maîtriser les codes de déontologie de chaque réseau pour éviter toute surprise.

« À un moment, il faut y aller, surtout si tout le monde croit en vous ! »

Question 5 : Dominique, quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

DD : J’ai eu la chance d’être soutenue et accompagnée par mon entourage personnel et professionnel. Ma plus grande difficulté se trouvait au fond de moi, j’avais toujours l’impression que mon projet n’était pas assez finalisé, que je devais faire mieux pour me lancer. Je ne me sentais pas complètement prête. À un moment, il faut y aller, surtout si tout le monde croit en vous ! Au niveau financier, je n’avais pas besoin d’investissement particulier. Dans les services, il n’y a pas de gros investissement matériel, donc pas de recherche de fonds. Cela est plus simple à gérer.

Question 6 : Votre projet professionnel a probablement bouleversé votre vie personnelle, avez-vous été obligée de faire quelques concessions ?

DD : En tant que chef d’entreprise, j’ai plus de responsabilités, plus de soucis aussi mais j’ai tendance à penser que monter mon entreprise m’a libérée dans ma vie personnelle. Je gère mon temps comme je l’entends, je n’ai pas d’horaire à respecter. J’ai adapté mon fonctionnement à mes contraintes personnelles : j’ai deux enfants et j’ai été présente auprès d’eux. Je leur ai transmis un modèle professionnel de la femme qui est très positif. Je crois qu’ils en sont fiers et cela représente une grande satisfaction !

Question 7 : Comment voyez-vous le futur de votre entreprise ?

DD : J’ai sans cesse de nouveaux projets c’est mon moteur ! Mon installation à Londres est une nouvelle étape. Cela va me permettre de développer d’autres horizons plus facilement qu’à New York. La proximité avec la France est un atout pour ma société.

Aujourd’hui, je propose des prestations d’accompagnement individuel en entretien d’1 heure, c’est une démarche haut de gamme. Je souhaite étoffer mon offre pour la démocratiser. Avec une associée, nous allons lancer une offre accessible à un plus grand nombre de femmes, mais je ne peux pas tout vous dévoiler !

« Il n’y a qu’en France que l’échec est un problème... Partout ailleurs, cela s’appelle l’expérience »

Question 8 : Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs et jeunes entrepreneuses qui hésitent à se lancer ?

DD : Soyez enthousiastes, la création d’entreprise va vous booster. Croyez en vous pour réussir ! Si au final, vous échouez ce n’est pas grave. Il n’y a qu’en France que l’échec est un problème. C’est d’ailleurs un vrai frein. Partout ailleurs, cela s’appelle l’expérience, car apprendre de ses échecs permet de rebondir, il ne faut pas en avoir peur. La jeune génération est formidable, il y a une ébullition autour de l’entreprenariat, ils sont plein d’élan. J’avoue que parfois ils me bluffent !!

Question 9 : Pour le mot de la fin, votre devise ?

DD : « Prenez du plaisir à ce que vous faites... Have Fun ! »

Merci

Site Internet : Une femme, une idée, un chemin

Mise à jour de l'article initialement publié le 18 novembre 2015

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CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.