Interview de Denis Dementhon (France Active)

« Passer par France Active, c’est ouvrir une possibilité de partenariat avec nos partenaires financiers et les entrepreneurs que l’on a pu soutenir. ».

Question 1 : Denis Dementhon, bonjour, vous êtes directeur général de France Active, qui propose à la fois du conseil, du financement solidaire et de la mise en réseau. Comment s’articulent ces 3 pôles ?

Denis Dementhon : Pour un entrepreneur, le conseil, c’est le temps que l’on va passer avec lui pour regarder le projet, l’expertiser sur le plan financier, donner des conseils, évoquer la meilleure manière de le financer, et tout cela, ce sont 600 professionnels de notre réseau qui le font, répartis dans toute la France (130 points d’accueil).

Deuxième phase, le financement : si on croit au projet, si on pense que la personne est mûre, si on pense que les conditions sont favorables, alors là, on va décider du financement. Garanties, prêts, fonds propres, on saura faire ce qu'il faut pour le projet.

La mise en réseau, ce n’est plus nous. La mise en réseau, ce sont les 7 000 entrepreneurs que l’on a soutenus chaque année et que l’on met en relation les uns avec les autres. En fait, passer par France Active, c’est ouvrir une possibilité de partenariat avec nos partenaires financiers et puis avec les autres entrepreneurs que l’on a pu soutenir.

Question 2 : Parlons de financement, la fourchette est large puisqu’elle va de 1 000 à 1,5 millions d’ €, et c'est du financement solidaire. Comment définissez-vous le financement solidaire ?

Denis Dementhon :Les créateurs d’entreprise individuelle qui viennent nous voir sont à 90 % demandeurs d’emploi. On ne vole pas au secours de la victoire. On va chercher des projets qui ont vraiment besoin du coup de pouce pour trouver leur banque. Et là, on va pouvoir faire des garanties, des petits prêts à 0% , qui permettent de faire quelques milliers d’euros et c’est parfois déterminant pour un petit projet. Et puis, on parle de financement solidaire parce que l’on soutient l’ensemble des entreprises solidaires, celles qui interviennent avec un but social (recrutement de personnes handicapées, développement de services liés à l’environnement, développements liés à la culture...). Ces entreprises solidaires, qui émergent de plus en plus, ont – pour certaines d’entre elles –  des besoins beaucoup plus importants et peuvent devenir de grosses sociétés.

Question 3 : Quelle est la démarche à suivre pour un futur entrepreneur existant pour bénéficier d'un accompagnement ?

Denis Dementhon : Il faut aller dans l’un de nos 130 points d’accueil, l'une des 42 associations régionales ou locales qui interviennent sur le terrain, et qui sont a priori en proximité, car elles connaissent bien le territoire aussi. C'est en effet un point déterminant : faire un conseil bien ajusté, c’est bien connaître le territoire, et connaître en proximité les partenaires bancaires avec lesquels on travaille quotidiennement. Donc la démarche, c’est d’abord d’aller les voir et de passer quelques entretiens. On challenge le projet et quand on l’a challengé, si on y croit, il passe en comité d’engagement. Et là on peut décider du financement

Question 4 : Vous garantissez d'une certaine façon l'accès au crédit bancaire, donc quelles sont les démarches que vous mettez en œuvre et qui permettent de garantir ce financement par une banque ?

Denis Dementhon : Depuis 30 ans, le but du jeu - et on continue à le faire parce que ça marche - c’est de faire en sorte que n’importe quel entrepreneur dont le projet a des chances de marcher (on ne cherche pas à mettre les gens en risque), puisse trouver son financement bancaire. On a tout axé autour de la garantie, ce qui nous permet de rassurer le banquier : un prêt garanti à 65 %, parfois 80 %, c’est un partage de risques (on laisse quand même le banquier garder une partie du risque). Et puis à côté, c’est le conseil qui permet de prendre en tenailles et de décrocher ce crédit bancaire. On travaille avec toutes les banques.

Question 5 : Quel conseil donnez-vous au créateur qui vous écoute aujourd'hui ?

Denis Dementhon : Allez jusqu’au bout de vos rêves ! Allez voir plusieurs interlocuteurs, car le premier ne sera pas forcément séduit, et faites-vous votre propre opinion. Nous sommes très fiers du conseil que nous donnons, il faut que le créateur soit autonome par rapport à ce conseil. On ne donne pas la Vérité, on donne notre vision du projet. Donc il faut avoir du culot et il faut y aller.

0 commentaires

Commenter

 

Auteur

CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.