Interview avec Caroline Van Renterghem, fondatrice de « WAIR »

« Savoir bien s’entourer, penser à son financement, parler de son idée et la tester » sont les conseils de Caroline Van Renterghem, fondatrice de la société « WAIR ». Elle nous explique en vidéo quelles sont les étapes d’un lancement réussi.

Question 1 : Qui se cache derrière derrière « WAIR » ?

Caroline Van Renterghem : Je m'appelle Caroline Van Renterghem, je suis la fondatrice de « « WAIR » » . « WAIR » c'est le premier foulard antipollution, c'est-à-dire que c'est à la fois une protection efficace et confortable intégrée à un accessoire de mode et associée à une application de préventions et d'informations sur la qualité de l'air.

Question 2 : Comment vous est venue l'idée de cette entreprise ?

Caroline Van Renterghem : L'idée de « WAIR »est née sur un vélo, à l'époque je travaillais à Paris, je travaillais dans la mode, et il se trouve que je faisais tous mes déplacements à vélo. J'ai du coup souffert de la pollution de l'air. J'ai cherché à m'en protéger sauf que tous les masques antipollutions que j'ai trouvés sur le marché se sont avérés soit peu efficaces soit peu esthétiques, soit les deux.

Du coup j'ai fini par utiliser mon propre foulard pour me protéger, sachant que ça n'avait pas de réelle utilité et - un peu en rigolant au début - j'ai dit « Je vais faire un foulard qui filtre ».
On a créé la société en mai 2016 avec Luc, mon associé, et on vient de terminer tout le processus de développement produit. On a lancé cet été la production. On livre nos premiers produits en septembre, à savoir qu'on a un peu plus de 800 pré-commandes que l'on a totalisées depuis novembre dernier.

Question 3 : comment avez-vous démarré votre entreprise ?

Caroline Van Renterghem : J'ai démarré « WAIR » tout d'abord en constituant un dossier, en me renseignant sur tout ce qui existait aujourd'hui en réfléchissant à comment mon projet allait s'insérer dans ce qui existait aujourd'hui.
Ce dossier, je l'ai ensuite présenté à un concours qui s'appelle le « switch up challenge » mené par l'association « Make sense » et la société Cisco. C'est un concours qui est dédié aux objets connectés, à vocation sociale ou environnementale.
J'ai remporté ensuite ce concours, j'ai remporté une partie de financement mais aussi une incubation dans l'association « Make sense » - qui a un incubateur qui s'appelle le « Sense cube » - qui m'a accompagné d'abord six mois dans leurs locaux. Puis deux ans en tout.

Question 4 : Avez-vous bénéficié d’aides financières ou d’accompagnement particulières ?

Caroline Van Renterghem : Ensuite, on a créé la société, on fait appel à notre entourage pour se financer via une levée de fond que l'on appelle « Friends & Family » ou « Love Money ». Ils ont investi dans notre société ce qui nous a permis de nous créer des fonds propres. Ensuite, on a créé un prototype. Ce prototype, on l'a présenté sur une plateforme de financement participatif qui s'appelle « Ulule ». Via cette plateforme, on a pu recevoir des pré-commandes de notre produit ce qui a constitué une « une preuve de marché », bien évidemment très importante pour donner confiance à de potentiels financeurs.


Et grâce à cette preuve de marché, on a pu faire appel à des banques comme le CIC mais également la BPI qui ont accepté de nous prêter de l'argent pour un montant d'à peu près 350 000 €, ce qui nous permettent aujourd'hui de nous donner les moyens de nos ambitions.

Question 5 : Avez-vous démarré seule ou à plusieurs ?

Caroline Van Renterghem : Il faut savoir qu'une équipe sera toujours plus importante qu'une idée. Dans notre histoire, on est une équipe de cinq. On a choisi d'externaliser tout le développement produit. On a un pôle de cinq experts sur la filtration, le textile, la plasturgie et le digital. Toute la coordination est faite en interne. Au stade où on est, c'est évidemment difficile d'intégrer tous ces gens-là, ça se fera peut-être par la suite mais en tout cas, il ne faut pas se mettre de barrières sur seul ou a plusieurs. Ce qui est certain, c'est que même si on crée la société seul, il faut savoir s'entourer, prendre des conseils, bien connaitre où sont ses limites et savoir s'entourer pour ça.

Question 6 : quelles sont les étapes clés d'un lancement réussi ?

Caroline Van Renterghem : La première chose à faire, c'est vraiment d'en parler à un maximum de personnes autour de soi. Les gens vont vous faire évoluer dans votre idée grâce à ça. Dans un deuxième temps, c'est tout de suite penser en effet à ne pas rester seul, donc s'agit-il de prendre des personnes en interne ? d'embaucher si on en a la possibilité ? d'intégrer un incubateur, ou une pépinière d'entreprises ? Comment et où prendre un mentor ?


Enfin, il y a plein de manière de ne pas rester seul. Il est donc important d'avoir des gens en qui on va avoir confiance, qui croient en votre projet, qui connaissent quand même un peu votre domaine et qui vont pouvoir vous donner des conseils avisés. Ça c'est la deuxième étape.


La troisième, celle que nous avons un peu négligée au départ, est de penser assez vite au financement. En effet, quand on est un produit physique, et c'est surtout notre cas, tout développement du produit, y compris d'un produit digital, vont demander un petit peu de budget. Avant d'engager trop de financement, il faut aussi prototyper et tester son idée le plus rapidement possible. Réfléchir à son business-model. Dans ce business-model, il faut aussi réfléchir à ses valeurs, se demander : « pourquoi est-ce que vous faites ça ?», C'est un projet que vous allez devoir défendre à chaque minute de votre vie à venir.


C'est très important d'envisager l'intégralité, de savoir toujours où aller et comment y aller, de prendre des conseils sûrs, de ne pas perdre de vue et de bien réfléchir à ce que vous allez créer et où vous allez.

Question 7 : Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs en période de lancement ?

Caroline Van Renterghem : Les conseils que je peux donner, sur quoi il faut faire attention ? j'ai négligé mon financement, on a été en retard sur certaines arrivées de fond. C’est ce qui nous a mis en danger et nous a freiné dans notre développement. C'est une partie qui est un peu le nerf de la guerre. Et il ne faut pas la négliger.


J'ai également eu des difficultés à garder certaines personnes dans mon équipe, ce qui a été dur à la fois professionnellement et humainement. Ce qui est important, si l'on intègre des personnes, est de bien savoir ce qu'ils viennent y chercher et inversement, de bien savoir aussi ce qu’on va leur demander en échange. Il faut être le plus clair possible, et ça autant avec l'interne qu'avec l'externe. Il faut aussi savoir sur quel échange on s’appuie. Tout le monde doit s'y retrouver.


Il faut aussi se faire confiance, savoir écouter mais ne pas non plus se perdre dans l'écoute parce qu'on peut être vite finalement dans une période de réflexion qui dure. Du coup, on néglige l'action. Je sais que j'ai tendance à favoriser une décision que je vais prendre vite sur la base d'informations qui ne sont pas complètes. Mais je préfère aller vite, prendre des décisions - quitte à prendre le risque de me tromper - plutôt que de mettre beaucoup trop de temps à prendre une décision. Du coup au moment où je la prends, elle ne sert de toute façon plus à rien puisque c'est trop tard.
Les conseils que je peux donner c'est ça : savoir bien s'entourer, penser à son financement, parler de son idée et la tester. Et enfin, être très clair sur lequel lancement on va, comment on y va et ce, autant avec vous-même qu'avec les personnes que vous allez rencontrer dans votre parcours d'entrepreneurs.

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CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.