Interview avec Brigitte Saulnier Mougin

Gérante de la société «  ComtoisPac », Brigitte Saulnier Mougin a créé cette société au début de l’année 2017. Elle nous fait part aujourd’hui de son expérience, de ses réussites, de ses difficultés et nous donne ses conseils pour entreprendre aujourd’hui.

1 - Vous et votre société

Question 1 : Qui se cache derrière « ComtoisPac » ?

Brigitte Saulnier Mougins, présidente de cette jeune société, a créé « ComtoisPac » au début de l’année 2017. Il s’agit d’une société de négoce d’emballages alimentaires pour les fruitières à comté, et les bouchers, charcutiers, traiteurs.

Question 2 Quel est votre parcours et d’où venez-vous ?

J’ai un parcours professionnel en lien avec ce domaine de compétences. Pendant de nombreuses années, j’ai été commerciale. J’ai toujours travaillé dans la vente en B to B, dans des domaines variés comme la lunette ou le textile, sur de grands domaines géographiques.

Question 3 : Comment vous est venue l'idée de créer cette entreprise ?

Je voulais me reconvertir et je voulais devenir assistante commerciale. J’ai eu du mal à trouver un emploi stable et je manquais d’autonomie. Grâce à mon expérience et mon réseau, j’ai réfléchi à un projet plus indépendant. L’idée précise est venue un soir avec des amis. Un ami dans les salaisons m’a fait part du besoin dans l’emballage. Je pouvais travailler en local sur des produits français. Aujourd’hui, je peux adapter mes produits à des contraintes particulières : encres à l’eau, papier bio...

Question 4 : Pourquoi avoir choisi ce nom ?

La réflexion fut longue et collective, je souhaitais un nom à connotation régionale. Étant présente uniquement en Franche-Comté, je voulais aussi que la notion d’emballage soit présente. Après vérification de la disponibilité par mon avocat, j’avais un nom !

Question 5 : Parlez-nous un peu de votre entreprise !

Au sein de mon entreprise créée début 2017, je commercialise des emballages à des fruitières à comté et des bouchers, charcutiers, traiteurs. L’emballage alimentaire est vaste et j’ai décidé de me limiter à ce périmètre. Je vends du consommable, ce qui me permet d’avoir un suivi avec mes clients. Ils se renouvellent tous les 6 mois. Avec environ 160 fruitières à comté et 300 bouchers-charcutiers en Franche-Comté, je compte atteindre un nombre de 60 à 70 clients d’ici 3 ans.

Je produis des emballages personnalisés, du papier à la barquette en plastique en passant par d’autres produits d’emballages. À ce jour, j’ai deux concurrents principaux. Après quelques mois d’activité, je me suis aperçue qu’il fallait que je me recentre sur mes deux cibles pour les maîtriser. J’ai notamment développé un partenariat avec un professionnel alsacien. Je prospecte, j’observe les besoins de mon client, je négocie avec mes partenaires et je propose un devis.

Question 6 : Si c'était à refaire, que changeriez-vous ?

Pas grand chose à vrai dire, parce que c’est un aboutissement personnel de travailler enfin pour moi.

2 - Vous et l'administratif

Question 7 : Comment avez-vous financé votre société ?

J’ai plusieurs financements à mon actif : un apport personnel assorti d’une garantie de prêt France Active, et un prêt professionnel auprès du CIC.

Question 8 : Quel statut avez-vous choisi pour débuter ?

J’ai choisi la SASU. L’avocat a rédigé les statuts. Ce statut proposait des avantages en cotisations sociales. Cette forme juridique présente beaucoup d’intérêts pour les créateurs d’entreprise qui sont seuls.

Question 9 : Comment vous êtes-vous fait accompagner ?

Je me suis faite accompagner par l’association France Active qui s’engage sur son territoire dans les projets qui vont au-delà de la recherche du profit. Ils m’ont aussi aidée dans les financements.

3 - Vous et l'entrepreneuriat

Question 10 : Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui veulent se lancer dans entrepreneuriat ?

Et bien, avant tout, mon premier conseil serait de bien réfléchir à ses points forts et à ses points faibles. Ensuite, faire une étude de marché approfondie me semble une des choses les plus importantes. Et puis ne pas hésiter à beaucoup échanger avec des entrepreneurs, prévoir un fonds de trésorerie suffisant pour les premiers mois, et ne pas compter son temps...

Question 11 : Que préférez-vous dans l'entrepreneuriat ?

La chose qui me plait le plus, c’est l’autonomie. Je suis quelqu’un d’indépendant, j’aime travailler seule et faire mes propres choix.

Question 12 : Quelles ont été les difficultés rencontrées lors de votre lancement au cours de votre parcours d’entrepreneur ?

Je m’aperçois que je suis à l’aise sur de nombreux points. La seule difficulté était le rapport avec les fournisseurs. Aujourd’hui, je suis plus à l’aise et je négocie plus facilement.

Une autre difficulté est l’aspect financier. Il y a une forte inertie entre la prospection et la prise de commande. Je l’avais prise en compte, mais c’est une difficulté malgré tout.

Question 13 : Vos plus belles réussites ?

Avant de démarrer mon activité, je me suis rendue dans un salon de l’emballage à Paris. J’avais pris rendez-vous avec mes concurrents : ils m’ont ignorée, rebutée et ont essayé de me décourager. Ils ne m’ont pas prise au sérieux. Aujourd’hui, je leur prends des parts de marché, c’est une réussite pour moi. Et puis, j’ai pris de grosses commandes sur un an. Ça permet de prendre de la confiance.

Question 14 : Qu’avez-vous appris sur vous en entreprenant ?

Ce qu’il faut au départ, c’est avoir confiance en soi et être à l’aise avec le produit qu’on commercialise. Il faut aimer ce que l’on fait et ce que ça représente. C’est très important dans la relation commerciale.

4 - Vous et les entrepreneurs

Question 15 : À titre personnel et/ou professionnel quels sont les livres, émissions, podcasts ou autres que vous recommanderiez à des entrepreneurs en devenir ?

Ma recommandation est de se rendre aux salons professionnels en rapport avec son activité. On apprend beaucoup. Et puis, il ne faut pas hésiter à s’inspirer de revues professionnelles, selon sa région et son domaine d’activité – ce sont souvent des mines d’informations.

Question 16 : Avez-vous beaucoup d’entrepreneurs dans votre entourage ?

J’ai en quelques-uns, notamment mon mari qui a eu son entreprise pendant 15 ans. J’ai aussi prévu de rencontrer d’autres créatrices de ma région.

5 - Vous et vos passions

Question 17 : Quels sont vos passions ?

J’aime me promener, profiter de la nature car je suis souvent enfermée. Je pratique le quad, qui est un bon défouloir. Comme je travaille beaucoup, j’ai moins de temps qu’auparavant mais j’essaie de maintenir un équilibre.

Question 18 : Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ?

Quand j’étais adolescente, je voulais travailler le bois et la décoration. Et finalement, je me dis qu’il y a lien : le papier, c’est du bois ;et la personnalisation, c’est de la décoration !

Question 19 : Quel est votre plus grand rêve ?

Aujourd’hui, ce serait d’être une société incontournable dans ma région pour les fruitières à comté et les bouchers charcutiers.

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CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.