Colis du boucher : Comment j’ai digitalisé un secteur traditionnel ?

Melchior de Warren, cofondateur des Colis du Boucher, a bouleversé les habitudes des consommateurs en proposant un site e-commerce spécialisé dans la vente en ligne de viande bio. Comment a-t-il fait pour digitaliser ce métier ancestral ? Réponse en vidéo.

Melchior de Warren : Bonjour, je m’appelle Melchior de Warren, je suis cofondateur de Les Colis du Boucher.

Les Colis du Boucher c’est un site d’e-commerce spécialisé dans la vente de viande bio et Label Rouge en direct d’auvergne.

Cette aventure a commencé il y a six ans. On compte désormais plus de 15 000 personnes inscrites sur notre site, on livre plus de 500 colis par mois partout en France, pour faire vivre l’équivalent d’une dizaine de familles d’éleveurs.

Avec les Colis du Boucher, on a digitalisé un métier ancestral puisque l’homme pratique la découpe de viande depuis un certain temps. Digitaliser un métier traditionnel, c’est d’abord observer comment il est fait actuellement. On a voulu organiser différemment la filière. Il faut supprimer les distributeurs et retourner à l’éleveur, et le mettre directement en lien avec le consommateur.

De la sorte on réajuste la valeur, on en redonne à l’éleveur et on donne au consommateur un meilleur produit au prix juste. On ne paye pas plus cher qu’ailleurs, on a un meilleur produit bio ou Label Rouge. On part d’un produit dans lequel on croit, on crée son site internet, puis il faut trouver les clients. Au début, c’est du bouche à oreille, le réseau proche. On peut avoir de la presse avec un peu de chance. Acheter de la viande sur internet c’est à priori aberrant, on ne voit pas le produit, c’est compliqué. Donc on était en rupture et ça intéressait la presse.

Mais il faut utiliser les outils de l’e-commerce : des liens avec des blogs, on fait des partenariats, des jeux concours, ça ne coûte pas trop cher. Après on se lance dans Adwords, le référencement payant de Google. Il faut un peu de moyens puisque ça revient vite cher. Il faut déléguer ça à des experts puisqu’on peut vite dépenser beaucoup d’argent sans retour sur investissement et là c’est la catastrophe puisqu’on dépense sans rien gagner.

Vous avez des visiteurs sur votre site mais c’est insuffisant. Il faut transformer des visiteurs en clients.

On a une ligne claire c’est la simplicité et la transparence. La viande étant un achat courant, il faut que l’acte d’acheter soit rapide. Si on passe trois heures à choisir son morceau de viande, c’est perdu.

Qui dit e-commerce dit logistique. On doit livrer le produit chez le client. Il faut donc sécuriser la transaction avant tout. C’est le nerf de la guerre. On doit pouvoir garantir la promesse faite au client. En viande on a une problématique supplémentaire, c’est que c’est du frais. On doit livrer le lendemain absolument. À la date choisie par le client, et à l’heure choisie. À Paris, on peut livrer dans l’heure, et c’est une logistique compliquée.

L’acquisition d’un client sur Adwords, c’est très cher. La principale clef c’est le produit : si le produit est bon, le client se dit que le service était bien, le produit était parfait, je n’ai rien à faire au coin de la rue avec quelque chose de mauvais et cher. Après le client peut commenter sur le site, et on valorise les commentaires. On défend une démarche bénéfique pour l’éleveur et pour le consommateur, dans une approche différente du travail.

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CIC

Le CIC est la banque d’une entreprise sur trois en France. Afin de mieux servir ses clients, elle met à leur disposition 2015 agences en France (Chiffres 2016), 3 succursales et 35 bureaux de représentation à l'étranger dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises à l’international, plus de 19 000 collaborateurs.